Emmanuel Tisseau : « Le parcours AVARAP m’a “reboosté” et m’a permis d’ébaucher un avenir professionnel enthousiasmant »
Le 11 mai prochain, Emmanuel Tisseau terminera un parcours AVARAP qui lui a beaucoup apporté. Sur le plan personnel car il a pu se reconstruire dans un climat bienveillant après un épisode très douloureux. Et sur le plan professionnel car il a structuré une activité dans un domaine qui lui tient à cœur et qui est le fil directeur de toute sa vie : le design.
Emmanuel Tisseau le reconnaît bien volontiers : la participation à son groupe AVARAP – « Deviens qui tu es » – lui a permis de se reconstruire après un épisode douloureux sur les plans professionnel et personnel. Cet architecte, qui travaille sur le chantier de l’extension du terminal 1 de l’aéroport de Roissy, fait face à une charge de travail importante : « Les conditions de suivi des chantiers sont devenues aujourd’hui beaucoup plus complexes, reconnaît-il, avec des rapports de force constants. Comme j’avais en même temps la malchance de faire face à des problèmes personnels très graves, j’ai fini par craquer et à être diagnostiqué en burn-out. »
Alors qu’il est en train de s’en sortir et qu’il reprend le travail avec un mi-temps thérapeutique, il se rend compte qu’il a besoin de réfléchir, de se poser et de faire le point sur sa carrière professionnelle et son avenir. Coïncidence : sa sœur s’est récemment rapprochée de l’AVARAP et elle a décidé de s’inscrire à un groupe. Il participe lui aussi à une réunion d’information et – séduit par le travail en groupe et la structuration de la méthode – il s’inscrit à son tour. « Nous avons démarré chacun notre groupe à une semaine d’intervalle », sourit-il.
Emotion et retour de la confiance
Dans ce groupe de 11 personnes aux parcours variés et aux personnalités très différentes, Emmanuel se sent comme un électron libre (« J’étais le seul architecte de la bande », s’amuse-t-il). Qu’à cela ne tienne. Il plonge à corps perdu dans les Réalisations Probantes (« J’en ai écrit 25 et je me suis rendu compte à cette occasion que je m’avais pas fait que des trucs nuls » constate-t-il). La séquence du miroir est particulièrement chargée d’émotion quand il aborde ses récentes souffrances personnelles encore à vif et la bienveillance du groupe fonctionne alors à plein. Le cadre de la méthode est efficace pour se mettre en mouvement et cette première partie du parcours le remet en selle de façon spectaculaire.
La Récolte confirme ce qu’il pensait depuis longtemps et le conforte dans son désir de retrouver l’émotion de la création et du design. Les trois cibles qu’il présente sont dans le même univers : Designer à part entière, Architecte indépendant et Professeur à l’école d’architecture.
Un projet professionnel centré sur le design
Il construit son projet professionnel autour du design. Il imagine un développement en trois phases :
– créer une ou deux collections d’objets de design en matières brutes (béton, bois…) pour produire des objets plutôt zen où la lumière et la matière dominent.
– produire des objets de décoration à proposer sur les plates-formes de vente en ligne en utilisant les ressorts des réseaux sociaux.
– créer des plus gros modèles, voire des sculptures, à destination des galeries.
Il peaufine aujourd’hui son offre de services avec l’aide de sa fille – spécialiste des réseaux sociaux – qui effectue une école de marketing digital.
Son business plan court sur sept ans pendant desquels il veut se construire une image de marque forte dans le domaine artistique.
Un virus contracté dès l’adolescence
Emmanuel Tisseau renoue ainsi avec une passion qui est née et qui s’est affirmée alors qu’il est tout juste adolescent. « Ma scolarité a plutôt été chaotique, confie-t-il. De mon enfance passée dans la région de Cholet – mon père dirigeait une entreprise de confection de prêt à porter féminin –, je retiens les heures passées à bricoler dans l’atelier à créer divers objets. Une passion que je développerai plus tard de façon plus professionnelle. »
A 18 ans, il s’installe à Paris et il suit les cours de l’école d’architecture de Belleville (« Des années géniales »). Son projet de fin d’études porte sur l’aménagement de l’ancienne base sous-marine de Saint-Nazaire, construite par l’occupant allemand pour l’entretien de la flotte de sous-marins opérant dans l’Atlantique Nord, alors quasiment à l’abandon. Il imagine des jardins sur les toits, des logements en liaison avec les bunkers, une étendue d’eau qui crée un véritable îlot.
Son diplôme en poche, ce projet lui ouvre les portes d’un premier cabinet d’architecture où il collabore pendant un an… sur un projet qui concerne les bunkers de Saint-Nazaire.
Professeur sur le logiciel Autocad
Il se forme ensuite à l’utilisation du logiciel professionnel Autocad, la Rolls des architectes, capable de créer des dessins en 3D. Il est tellement enthousiasmé par cet outil dans lequel il excelle très vite qu’il se voit proposer d’en enseigner le maniement. Il reste à ce poste d’enseignant pendant quatre ans.
Entre 2002 et 2016, il fait partie d’un cabinet d’architectes qui travaille principalement dans le retail. Il participe à la construction et à l’aménagement de centres commerciaux à travers toute la France, du projet à l’esquisse et à la conduite des travaux.
Il s’installe ensuite comme architecte indépendant et mène d’autres projets essentiellement dans le retail, sa spécialité d’alors. Cette séquence dure deux ans avant qu’il ne se décide à rejoindre cet immense chantier de l’extension de l’aéroport de Paris Roissy, un chantier qui additionne les contraintes et dans lequel il s’investit tellement – « Je suis peut-être trop perfectionniste », reconnaît-il – qu’il y laisse sa santé.
Aujourd’hui, il se sent apaisé et il considère son avenir avec sérénité. Sans sous-estimer les challenges auxquels il doit faire face pour réussir son repositionnement mais en étant convaincu qu’il se reconnecte avec ce qui l’a toujours passionné : la création.